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Clairette OLYMPIO: avocate spécialisée en droit de la famille

Clairette OLYMPIO:  avocate spécialisée en droit de la famille

On a tous une idée reçue sur le divorce : que c'est long, que c'est cher, que ce sont toujours les femmes qui le demandent, ou encore que la garde des enfants revient automatiquement à la mère. Pour remettre les pendules à l'heure, on a reçu Maître Clarette Olympio, avocate au barreau, qui exerce depuis bientôt 5 ans en droit pénal, droit de la famille et droit des mineurs. Elle répond sans détour à toutes nos questions.

Pourquoi ce sont souvent les femmes qui demandent le divorce

Sans donner dans les statistiques nationales, Maître Olympio observe une tendance nette dans sa clientèle : ce sont majoritairement les femmes qui engagent la procédure. Son explication : les hommes auraient davantage de mal à acter la rupture de façon définitive, avec une forme de "phobie administrative" qui les pousse à laisser traîner les choses. Les femmes, elles, prennent leur décision après plusieurs tentatives de séparation, mais une fois le cap franchi, c'est elles qui déclenchent la procédure.

Infidélité, détective privé : quelles preuves sont vraiment valables ?

Toutes les preuves ne se valent pas devant un juge. Les preuves d'infidélité ou de violences servent essentiellement dans le cadre d'un divorce pour faute. Le principe général : tout est admissible, à condition que la preuve n'ait pas été obtenue de façon illicite ou qu'elle ne porte pas une atteinte disproportionnée à la vie privée du conjoint.

Le cas des détectives privés, très demandé notamment par les femmes, illustre bien cette nuance. Le détective est considéré comme un auxiliaire de justice, mais ses preuves n'ont pas plus de valeur qu'une preuve apportée par un particulier. La jurisprudence est claire sur un point : une photo prise dans un espace public n'est pas une atteinte à la vie privée. En revanche, un cliché pris dans un cadre intime (chambre d'hôtel, par exemple) peut être écarté par le juge.

Combien de temps dure vraiment un divorce ?

Tout dépend du type de divorce choisi. Il en existe quatre en France. Le divorce contentieux, où les époux ne s'entendent pas, peut prendre du temps à cause des délais d'audiencement des tribunaux, particulièrement saturés en région parisienne. À l'inverse, le divorce amiable sans juge (une convention rédigée entre avocats et enregistrée chez un notaire) peut être bouclé en un mois seulement dans les cas les plus urgents. Maître Olympio donne une moyenne réaliste : 3 mois, en fonction de la diligence des parties à fournir les pièces nécessaires.

Le divorce gratuit, ça n'existe pas

Contrairement à une idée reçue, un avocat est obligatoire pour tout type de divorce, et chaque époux doit avoir le sien — même en cas d'accord total, même dans un divorce amiable. S'ajoutent à cela les frais de procédure : environ 50€ pour l'enregistrement chez le notaire dans un divorce sans juge, ou les droits de plaidoirie (13€) et le timbre (16€) pour un passage devant le juge. Mais la dépense principale reste, sans surprise, les honoraires d'avocat — libres et donc variables d'un cabinet à l'autre.

Peut-on annuler un divorce une fois prononcé ?

Non. Une fois le divorce prononcé, impossible de faire marche arrière. En revanche, rien n'empêche de se remarier avec la même personne si le couple se retrouve plus tard.

"Je payais le loyer, mais mon mari était déjà propriétaire" : quels droits après le divorce ?

Tout dépend du régime matrimonial. En séparation de biens comme en communauté réduite aux acquêts, un bien acquis avant le mariage reste un bien propre : y avoir contribué financièrement (loyer, charges courantes) ne donne aucun droit de propriété. La contribution est considérée comme une simple participation aux charges du mariage.

En revanche, si cette contribution a permis d'augmenter la valeur du bien (travaux, rénovation, piscine...), il est possible de demander une récompense pour compenser l'enrichissement du patrimoine personnel de l'autre au détriment du patrimoine commun — à condition de pouvoir le prouver.

À cela s'ajoute la prestation compensatoire : une pension versée par l'époux qui a le niveau de vie le plus élevé pour compenser la disparité créée par la séparation, calculée en deux temps (mesures provisoires, puis montant global étalé sur plusieurs années).

La garde des enfants revient-elle automatiquement à la mère ?

Là encore, pas de statistiques officielles, mais un constat de terrain : plusieurs facteurs expliquent que la résidence habituelle soit souvent fixée chez la mère. D'abord, les demandes elles-mêmes : ce sont souvent les mères qui saisissent le JAF (juge aux affaires familiales) en expliquant que le père est absent ou peu impliqué. Ensuite, une répartition culturelle encore ancrée, où la mère reste perçue comme la principale figure de soin. Enfin, l'âge des enfants : pour un nourrisson allaité, il est difficile pour un juge de fixer la résidence chez le père.

Maître Olympio précise toutefois un point important : les pères demandent rarement la résidence habituelle. Beaucoup partent du postulat que celle-ci reviendra à la mère — une situation qui se complique quand ils souhaitent la faire évoluer plus tard, l'intérêt supérieur de l'enfant et sa stabilité prenant alors le pas sur tout le reste.

Non-représentation d'enfant : que dit la loi sans jugement ?

Sans décision de justice, les deux parents ont exactement les mêmes droits sur l'enfant — impossible donc de porter plainte pour non-représentation d'enfant si l'autre parent ne respecte pas un arrangement informel. La première étape est toujours de saisir le JAF pour obtenir un cadre légal. Une fois la décision rendue, le parent qui ne présente pas l'enfant aux dates fixées peut être poursuivi. Attention cependant à ne pas trop tarder : plus l'habitude s'installe, plus il est difficile d'obtenir un changement, le juge se basant avant tout sur l'intérêt supérieur de l'enfant.

Pension alimentaire impayée : quels recours ?

Il faut impérativement un support légal — convention homologuée ou décision de justice — pour réclamer une pension. Depuis 2020, le principe d'intermédiation par la CAF facilite grandement le recouvrement : c'est la CAF qui collecte et reverse automatiquement la pension, sans démarche supplémentaire à effectuer. En cas d'échec, il reste la voie de l'huissier (prélèvement direct auprès de l'employeur) ou la plainte pour abandon de famille, possible après une mise en demeure par courrier recommandé restée sans effet pendant deux mois.

Un parent peut-il "cacher" ses revenus pour payer moins ?

Oui, et c'est un vrai sujet. Le montant de la pension est fixé selon les ressources des deux parents — pas selon le coût réel de l'enfant. Certains parents se mettent volontairement en difficulté financière (état d'impécuniosité) pour réduire leur contribution. D'où l'importance, insiste Maître Olympio, d'une analyse minutieuse des pièces adverses : relevés bancaires, fiches de paie, tout détail compte pour déjouer une tentative de dissimulation.

Récupérer son nom de jeune fille après un divorce

Une fois le délai d'appel passé, il suffit de faire une démarche de transcription en mairie pour récupérer son nom de naissance. Il est également possible de conserver le nom marital après un divorce (souvent pour des raisons professionnelles), à condition d'en avoir fait la demande dans le cadre de la procédure.

Le conseil numéro un de l'avocate : faites un contrat de mariage

Sans détour, Maître Olympio recommande à tous les couples de faire un contrat de mariage avant de se dire "oui" — quitte à briser un peu la magie du moment. Son argument : si tout se passe bien, il ne sera jamais utilisé. Si les choses tournent mal, il évite bien des complications. Elle va plus loin en recommandant également de faire un testament, pour anticiper plutôt que subir.

Un immense merci à Maître Clarette Olympio pour sa disponibilité et sa transparence. Retrouvez-la sur Instagram @olympio.avocat ou sur le site de son cabinet pour toute question ou prise de rendez-vous